Quand la Parole atterrit
La Parole jaillit aujourd’hui comme une eau libre. Elle fend les nuages et cherche la terre avec une ardeur d’assoiffé. Rien ne l’arrête. Elle ne vise pas l’effet, elle vise la vie. Que devient une terre visitée par une telle Parole ? Peut-être d’abord un sol qui respire. Un sol qui se souvient qu’il a déjà porté du grain. Un sol qui retrouve sa souplesse. Un sol qui se laisse traverser par la pluie jusqu’au fond de son aridité. Isaïe le dit avec force : la Parole retourne toujours au ciel, plus lourde de vie qu’en partant. Quelle générosité une Parole qui enfante du pain, qui confie sa sève à des mains comme les nôtres ! La parabole de Jésus secoue l’imaginaire en ce mois d’été. Un semeur avance sans trop de prudence. Les grains tombent dans des lieux improbables. Les oiseaux picorent. Les pierres chauffent.
Les ronces gagnent du terrain. Pourtant le semeur ne se décourage pas. La bonne terre existe. Elle accueille. Elle ouvre. Elle féconde. Elle multiplie. Une seule poignée de grains suffit à renverser les calculs du bon sens. Et si tout recommençait là ? À l’endroit précis où la Parole touche la terre ? À l’instant où une pluie légère rencontre un grain silencieux ? Paul rappelle que la Création retient son souffle. Elle attend une révélation qui la dépasse. Les douleurs d’enfantement annoncent un passage. Un monde se prépare. Une liberté cherche son heure. La Parole est toujours en travail. Elle cherche nos terres fertiles, et notre liberté.
Qu’est-ce qui me touche dans la parabole racontée par Jésus ? Quel est mon lien à la Parole ?
Comment est-ce que je soigne la qualité de ma terre ?
Karem BUSTICA, rédactrice en chef de Prions en Église