Dimanche 2 août

MAIS OÙ SONT LES POISSONS ?

Au cours de la multiplication des pains dans l’évangile de saint Matthieu, les deux poissons disparaissent soudainement ! Les trois autres évangélistes précisent ce que Jésus fait avec ces poissons. Il les « partage » chez Marc. Pour Luc, ils sont « rompus » comme le pain. Et chez Jean, Jésus en donne tant que la foule en veut. Matthieu, quant à lui, ne mentionne que le pain, sans dire ce que deviennent ces deux poissons. Nous trouvons pourtant les quatre verbes essentiels de toute eucharistie : « prendre », « bénir », « rompre » et « donner ». La succession et l’articulation de ces quatre verbes nous aident à mieux vivre le repas du Seigneur. En prenant les éléments de la terre et du travail humain, Jésus honore notre contribution, pour modeste qu’elle soit. En bénissant le pain, Jésus lui confère un nouveau statut que l’action de rompre permet de saisir. Ce n’est pas un simple geste de partage qui nous fait couper le pain en tranches. Il s’agit plutôt de représenter par le pain eucharistique le sacrifice unique de Jésus en croix. En donnant ce pain rompu, le Ressuscité nourrit ses disciples de sa vie livrée par amour et constitue son Église. Les deux poissons restés là peuvent alors désigner les protagonistes que nous sommes, pécheurs gracieusement invités à ce repas eucharistique. La communion intime au Christ Jésus ne nous laisse jamais seuls. Et le pain de vie que nous recevons permet d’entrer dans la semaine qui s’ouvre, témoins et acteurs du Royaume qui vient.

Des quatre verbes eucharistiques, quel est celui qui me semble le plus important ? À qui puis-je porter la communion eucharistique cette semaine ?

Luc FORESTIER, prêtre à La Madeleine (diocèse de Lille)

Extrait de Prions en Eglise Août 2026 – N°476