SOUS DES AIRS DE RAISON
La plupart du temps, les tentations n’apparaissent pas sous la forme de diablotins. Sans quoi, il serait très facile de dire, à la suite de Jésus : « Passe derrière moi, Satan ! » L’état d’esprit qui nous incite à bifurquer, à écarter d’un revers de pensée les appels à nous engager pour le bien se présente plutôt sous les airs de la raison. Il y a quelques années, alors que j’entrais dans une station de métro à Montréal (Canada), des adolescents en bousculaient un autre, jusqu’à le faire pleurer. Ma première impulsion fut d’inter venir, malgré le risque pour ma propre sécurité. C’est alors que je me suis dit : « Si je m’interpose, ce sera pire pour le souffre-douleur : ses bourreaux le lui feront payer quand je serai parti. » J’ai donc passé mon chemin. N’était- ce pas tout à fait raison nable ? Oui… mais non. Heureusement, avant d’embarquer dans une voiture, j’ai eu la grâce d’identifier la nature de mon esquive : une tentation, suscitée par ma lâcheté. Je suis retourné sur mes pas et j’ai secouru ce jeune homme, tentant de calmer la fureur de ses agresseurs. J’ignore ce qu’il est advenu de la victime après mon départ. Mais, comme disciple du Christ, impossible de laisser la violence se déchaîner si l’on peut jouer un rôle dans le rétablissement de la paix. Mille spéculations nous viennent parfois en tête pour nous détourner de la Croix, mais ces « pensées ne sont pas celles de Dieu ».
M’est-il arrivé dernièrement de tenter de me convaincre de m’abstenir de faire le bien ?
Lorsque j’arrive à surmonter les tentations, est-ce que je rends grâce à Dieu pour l’aide qu’il m’apporte?
Jonathan GUILBAULT directeur éditorial de Prions en Église Canada
Extrait de Prions en Eglise Août 2026 – N°476