Après les tentations au désert, le mystère de la Transfiguration et la symbolique de l’eau dans le désert que nousavons méditée dimanche dernier avec la Samaritaine, la liturgie d’aujourd’hui nous prépare déjà à la veilléepascale en recourant au thème de la lumière : un cierge à la main, nous traverserons avec Jésus les ténèbres de la mort pour célébrer sa Résurrection. C’est pourquoi ce dimanche est appelé le dimanche de la joie. Ce passagetransforme notre vie, comme le dit saint Paul dans la deuxième lecture : « dans le Seigneur, nous sommes devenus lumière ; vivons comme des fils de la lumière ».
L’Évangile nous présente l’aveugle de naissance, symbole de l’humanité égarée dans le péché, qui est guéri par Jésus, la Lumière du monde. Il est peu à peu amené à la foi qui lui permet de reconnaître le Messie, par opposition aux Pharisiens qui demeurent dans les ténèbres. Ce dimanche, nous avons déjà un avant-goût du passage des ténèbres à la lumière et de la nuit au jour : « Je suis venu en ce monde pour rendre un jugement : que ceux qui ne voient pas puissent voir, et que ceux qui voient deviennent aveugles » v.39.
Par ce miracle, l’aveugle-né accomplit un itinéraire d’une conversion progressive : il reconnaît d’abord Jésuscomme un simple homme, puis le confesse courageusement comme prophète devant les Pharisiens ; enfin ill’adore comme Seigneur. Dimanche dernier, la Samaritaine avait suivi le même parcours. En ce temps de Carême, nous accompagnons les catéchumènes qui accomplissent la même découverte dans la foi et qui font leur 2è Scrutin ce jour. Soyons fiers de leur démarche.
Et si saint Paul nous invite à rejeter les activités des ténèbres c’est tout simplement parce que la conversion n’estjamais accomplie une fois pour toutes. Nous le constatons chaque jour : notre cécité a bien été guérie par leChrist, mais notre vue est étrangement défaillante… La vie du chrétien ressemble à celle du peuple élu, entre la foi et la rébellion, la joie du salut et l’amertume du péché.
Le temps de Carême est un bon moment pour prendre conscience de nos activités des ténèbres, et de rechercher ce qui est capable de plaire au Seigneur : un véritable chemin de conversion, qui peut passer par le regard, comme nous venons de le voir dans la première lecture où le Seigneur éduque le prophète Samuel : « Dieu ne regarde pas comme les hommes, car les hommes regardent l’apparence, mais le Seigneur regarde le cœur. » 1Sam 16, 7. Comment est-ce que je regarde mon frère ou ma sœurs ? est-ce avec amour, politesse, respect, compassion, tendresse ou alors avec mépris, haine ? Disciples-missionnaires, nous sommes tous invités à laconversion personnelle et collective afin d’être des hommes et des femmes de lumière pour nous -mêmes et pournos frères et sœurs catéchumènes dans leur magnifique cheminement vers la lumière.
Père Louis IKENDJE