Premier dimanche de carême 2026

Depuis mercredi dernier, nous sommes entrés dans le temps de Carême qui est un temps de préparation spirituelle de 40 jours inspiré par la retraite de Jésus au désert avant son ministère public, et nous le voyons face à Satan qui le tente à 3 reprises. Mais par la force et la puissance de la Prière, il en sort victorieux. Avec Jésus, nous sommes invités, pendant ce temps, à vivre ou à faire 3 exercices de piété indissociables, liés entre eux et qu’on appelle les piliers du Carême ou les 3 « P » : la Prière pour être connecté à Dieu – la Pénitence (jeûne), la privation de tout ce qui nous encombre pour faire le vide et laisser la place à Dieu et au prochain ; nous priver de tout ce qui est immorale ; nous débarrasser des paroles blessantes qui peuvent détruire la réputation des autres – le Partage (aumône), partager avec les autres ce que nous sommes, ce que nous avons ; apprendre à être de plus en plus généreux car il y a toujours des pauvres à nos côtés, il y a toujours plus pauvres que soi ; donner ce que l’on a : son temps, son argent, pour venir en aide à nos frères et sœurs, sans signe ostentatoire, en secret.

Aujourd’hui les trois grandes tentations de l’Évangile sont pour chacun de nous une réalité : où en sommes-nous dans notre combat contre le désir de jouissance sensuelle et matérielle, contre l’aspiration à être reconnu, célébré, placé au-dessus des autres.
Pour affronter ces ennemis redoutables, Jésus nous montre au désert la « stratégie » et l’attitude qui portent à la victoire : le chemin de l’humilité et de l’obéissance. En contemplant le Christ dans son combat contre Satan, l’espérance nous revient, nous qui sommes de la chair d’Adam et portons ses blessures. Le règne de l’ennemi a été renversé de la même manière qu’il s’était établi.

Satan, en profitant de l’état de faiblesse de Jésus, voulait le contraindre à rechercher la satisfaction de besoinsmatériels, par l’image des pierres transformées en pains. Ce faisant, Jésus aurait abandonné sa liberté souveraine et recherché un bien égoïste, en se détournant de la volonté de son Père. En répliquant, à la suite du Deutéronome, que « l’homme ne vit pas seulement de pain » (Dt 8, 3), il a défendu notre vraie liberté comme hommes appelés à une vocation divine.

Ce n’est pas que Jésus n’a pas voulu nous donner du pain ; au contraire il va beaucoup plus loin en nous offrant le pain surnaturel, l’Eucharistie. Le vrai Pain, la nourriture dont nous avons vraiment besoin : comme l’exprime si bien la liturgie de ce dimanche : « Le pain que nous avons reçu de toi, Seigneur notre Dieu, a renouvelé nos cœurs : il nourrit la foi, fait grandir l’espérance et donne la force d’aimer ; apprends-nous à toujours avoir faim du Christ, seul pain vivant et vrai, et à vivre de toute parole qui sort de ta bouche. Par Jésus, le Christ notre Seigneur ».

Jésus a voulu que le récit de ses tentations au désert parvienne jusqu’à nous : il a voulu que nous contemplions sa lutte contre le démon et la manière dont il l’a finalement vaincu. Cela constitue une aide précieuse pour notre vie personnelle, où nous sommes confrontés aux tentations de sensualité, de vanité et d’orgueil ; mais cela nous éclaire et nous renvoie aussi sur la vie de l’Église. Tout ce que Jésus a vécu dans son humanité pendant sa vie terrestre, nous sommes appelés à le vivre comme membres de l’Église. Alors quelles sont les tentations qui nous guettent dans la vie de l’Eglise aujourd’hui, dans nos paroisses ?

Père Louis IKENDJE