Dimanche 13 septembre

LA GRACE DU PARDON ET L’EFFORT DE JUSTICE

Appel pressent à l’indulgence et demande expresse de justice semblent contradictoires. D’un côté, les lectures nous invitent au pardon sans limites dont Dieu seul est pourtant capable. De l’autre côté, les malheurs humains exigent de chercher la justice, condition nécessaire de toute paix, en aidant les responsables à prendre conscience de leurs actes, à demander pardon et à progresser vers plus d’humanité. Comment concilier alors la grâce divine et la justice humaine ? Une phrase de saint Paul peut nous aider à identifier le processus qui articule la nouveauté de la résurrection du Christ et le souvenir d’un passé qui ne passe pas. « Si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur ; si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur. » Or, notre monde moderne souligne la singularité de chaque personne, et nos modes de vie nous isolent les uns des autres. À contretemps, Paul rappelle donc cette solidarité humaine. Nous n’avons pas décidé de naître, et notre vie tient toujours de la présence et de l’action d’autres personnes. De même, notre mort ne sera pas un évènement solitaire car nos proches en seront troublés. Plus encore, notre vie et notre mort trouvent leur signification ultime en Dieu, de sorte que l’accueil du pardon et la recherche de la justice ne s’achèvent en plénitude qu’au-delà de l’histoire. Mais c’est dès maintenant que, maladroitement, nous voulons vivre la grâce du pardon et l’effort de justice. Que Dieu achève en nous ce qu’il a commencé !

À quels moments ai-je eu vraiment soif de justice ?
À quelles personnes suis-je invité à présenter une humble demande de pardon ?

Luc FORESTIER Prêtre à La Madeleine (diocèse de Lille)

Extrait de Prions en Eglise Septembre 2026 – N°477