Dimanche 26 juillet

Au chapitre 13 de l’évangile de Matthieu, les paraboles nous donnent à voir les contours du royaume des Cieux, sans pour autant nous en dire trop. Jésus propose, son auditoire interprète. Ainsi en va -t-il pour les paraboles de la perle et du trésor. À notre tour, nous pouvons nous laisser ravir par leur éternelle nouveauté et la façon dont elles parlent à nos situations quotidiennes. Que sait-on de cet homme qui trouve un trésor ? Pas grand-chose. Il est probable que Jésus mette ici en scène un travailleur journalier, dans les champs de Palestine, qui tombe surun trésor de guerre. Il fait l’effort de se mettre en règle, achetant le champ, pour être certain que personne nevienne réclamer ce trésor. Que connaît-on du marchand ? Pas grand-chose. On ne sait pas s’il est marchand de perle ou d’autre chose. Il paraît tout de même bien installé, compétent dans son domaine. On l’imagine bien faire le tour du monde en quête de marchandises diverses, et d’une perle. Deux situations de vie qu’il pourrait être aisé de transposer aujourd’hui. Et au cœur de ces deux situations, un élan commun dont on perçoit la trace dans la parabole du trésor : l’homme est rempli de joie. L’un et l’autre de nos protagonistes sont capables de laisser totalement et immédiatement dévier leur trajectoire de vie par ce qui leur paraît soudain être l’essentiel. Pour eux, il était nécessaire de tout miser sur leur trouvaille.

Il y a quelque chose d’irrationnel et d’audacieux dans les décisions des deux hommes de ces paraboles, est-cequecelam’enthousiasme,mefaitpeur, medonnelevertige ?
M’est-il déjà arrivé de me laisser déborder par une joie qui m’a poussé à sortir des sentiers battus ?

Marie LEDUC-LARIVÉ, théologienne,

Extrait de Prions en Eglise – Juillet 2026 – N°475